Identifiée pour la première fois dans un couloir de l’OMS par un épidémiologiste qui attendait son badge visiteur, la nouvelle variante Cicada se distingue par un symptôme jusqu’alors inédit : la conviction absolue d’avoir quelque chose d’intéressant à dire sur sa propre maladie.
Par le Dr. Fernand Quichard, correspondant santé fictif · Actubidon.fr
Publié aujourd’hui à 11h23 · Lu par des personnes qui ont déjà eu le Covid et veulent le préciser
L’Organisation Mondiale de la Santé a officiellement nommé la nouvelle variante du SARS-CoV-2 « Cicada » jeudi dernier, lors d’une conférence de presse dont le titre — « Cicada : ce que l’on sait, ce qu’on ignore, et ce que les gens vont poster de toute façon » — donnait déjà le ton. En moins de 72 heures, le variant avait déjà fait l’objet de 14 millions de publications sur les réseaux sociaux, dont 13,8 millions provenaient de personnes qui ne l’avaient pas encore contracté.
Sur le plan clinique, Cicada se distingue de ses prédécesseurs par un tableau symptomatique qui a immédiatement intrigué les infectiologues. Outre la fatigue, la toux sèche et la légère fièvre désormais classiques, les patients développent dans 94 % des cas une logorrhée épidémiologique spontanée : une compulsion irrépressible à expliquer leur propre contamination à leur entourage, à leur médecin, à leur pharmacien, au livreur de pizza et, dans les cas sévères, à des inconnus dans le train.
« Le patient que nous avons observé en premier avait développé une température de 38,2 °C et une théorie personnelle sur les variants qui durait vingt-deux minutes. Cliniquement, c’est la théorie qui nous a le plus inquiétés. » — Pr. Hélène Vaubecourt, infectiologue à l’hôpital Saint-Opportun, service des maladies à fort potentiel conversationnel.
La variante doit son nom non pas à l’insecte — contrairement à ce que 340 articles de presse ont déjà affirmé ce matin — mais à l’acronyme interne utilisé par les chercheurs du centre de virologie de Lyon : CICADA, pour « Covid Infectant des Gens A Déjà eu le Covid Avant ». Le comité de nomenclature de l’OMS a validé le nom en précisant qu’il était « techniquement inexact mais socialement pertinent ».
Du côté du gouvernement français, la réponse a été à la hauteur des circonstances, c’est-à-dire rassurante dans la forme et vide dans le fond. Le ministre de la Santé a convoqué un Conseil de Défense Sanitaire dès mercredi soir, à l’issue duquel un communiqué de deux paragraphes a indiqué que la situation était « suivie avec la plus grande attention » et qu’une « réunion interministérielle de suivi du suivi » aurait lieu dans les prochains jours.
Interrogé sur la disponibilité d’un éventuel rappel vaccinal, le directeur général de la Santé a répondu que les autorités étaient « en train d’évaluer la pertinence d’une évaluation », ajoutant que les Français devaient « rester vigilants sans paniquer, s’informer sans trop s’informer, et continuer à vivre normalement dans une situation qui ne l’est pas ». La formule a été saluée par l’ensemble de la presse comme un chef-d’œuvre de communication institutionnelle.
« On a demandé aux gens de télécharger une application. Pas la même que la dernière fois, une nouvelle. L’ancienne ne marchait déjà pas, mais celle-ci a une meilleure interface. »— Source proche du ministère, sous couvert d’anonymat et d’un badge visiteur périmé depuis 2021.
Ce que l’on sait sur Cicada — synthèse scientifique provisoire
Taux de transmission : Élevé dans les open spaces, les wagons de première classe et les dîners de famille où quelqu’un a « fait des recherches ».
Symptômes principaux : Fatigue, toux, et certitude absolue d’avoir une forme « particulièrement atypique » de la maladie.
Durée : 7 à 10 jours pour la maladie. 3 à 6 mois pour les anecdotes associées.
Population à risque : Tout le monde, mais surtout les gens qui avaient dit en 2020 qu’ils ne l’auraient « jamais ».
Traitement : Repos, hydratation, et évitement des personnes qui ont lu deux articles et se considèrent épidémiologistes.
Sur les réseaux sociaux, la dynamique est rodée. Les « Cicada skeptics » — qui affirment que le variant est « fabriqué de toutes pièces par Big Pharma » — s’opposent aux « Cicada anxieux » — qui ont déjà commandé douze tests et un purificateur d’air — dans des débats qui génèrent, selon une étude de l’Université de Rennes-Miséricorde publiée ce matin, exactement le même niveau d’information utile qu’une conversation entre deux personnes qui ne se souviennent plus pourquoi elles sont en désaccord.
Plusieurs pays européens ont déjà annoncé des mesures préventives. L’Allemagne recommande le port du masque dans les transports en commun. L’Italie a déclaré qu’elle allait « y réfléchir sérieusement ». La Belgique a convoqué une réunion de coalition pour décider si une réunion de coalition était nécessaire. La France a, pour l’heure, maintenu toutes les jauges à leur niveau actuel, lequel niveau n’a pas été précisé.
L’épidémie a également relancé le débat sur la gestion de la crise de 2020, chaque camp politique ayant immédiatement sorti de ses tiroirs les mêmes arguments, les mêmes chiffres et, dans certains cas, les mêmes tweets supprimés. Cinq ans après le début de la pandémie, le consensus scientifique progresse lentement ; le consensus politique, lui, a décidé de ne pas bouger du tout pour voir ce que ça donne.
L’OMS tiendra une conférence de presse lundi prochain pour faire le point sur la situation. Elle sera suivie d’une deuxième conférence pour commenter la première, puis d’un communiqué pour clarifier la deuxième. Les journalistes sont invités à poser des questions auxquelles des réponses seront apportées dans un délai raisonnable, sous réserve que les réponses existent, ce qui n’est pas garanti mais reste l’objectif affiché.
Contenu 100% bidon · actubidon.fr est un site entièrement satirique · La variante Cicada est fictive · Toute ressemblance avec une gestion de crise sanitaire réelle est purement involontaire et légèrement décourageante.
