Le gouvernement découvre que l’argent public appartient au public — et décide que c’est un problème.

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Politique intérieure.
Scandale budgétaire.

Après dix-huit mois de « concertation », l’exécutif a finalement trouvé la solution à la crise des finances publiques : expliquer aux Français que c’est leur faute.

Par Gérard Fulminos, correspondant parlementaire permanent  ·  Publié il y a 2 heures  ·  Mis à jour il y a 2 heures (on n’a rien à ajouter)

Il fallait oser. Ils ont osé. Réunis en séminaire gouvernemental dans un château de la Sarthe dont le week-end a coûté la bagatelle de 340 000 euros — de l’argent public, donc le vôtre, donc rien — les ministres ont planché pendant quarante-huit heures sur une question fondamentale :

comment faire payer les gens qui n’ont plus rien sans froisser ceux qui ont tout ?

La réponse, présentée en grande pompe lors d’une conférence de presse qui sentait le renfermé et l’urgence de paraître sérieux, tient en trois points. Premièrement : une nouvelle taxe « de solidarité nationale » frappera les ménages dont le revenu est « insuffisant pour contribuer davantage », ce qui, à en croire les services de Bercy, concerne à peu près tout le monde sauf les gens qui rédigent les notes de Bercy.

Deuxièmement : les niches fiscales des grandes entreprises seront « étudiées avec attention » — formule qui, traduite du technocrate, signifie qu’on va les laisser exactement où elles sont. Troisièmement : une commission sera nommée.
« Nous faisons des choix difficiles parce que nous sommes responsables. Les Français comprennent que l’effort doit être partagé — enfin, pas trop partagé non plus, on ne va pas se faire des ennemis inutiles. »

— Un ministre dont on taira le nom pour ne pas lui faire de publicité gratuite.

Ce que le ministre a omis de préciser, c’est que son propre salaire a été revalorisé de 8 % en janvier dernier, au nom de « l’attractivité de la fonction publique supérieure ». Il perçoit donc désormais 14 200 euros nets par mois pour expliquer aux infirmières que les 200 euros de prime annuelle promise il y a trois ans, c’est déjà beaucoup, vu le contexte.
Du côté de l’opposition, on s’est indigné avec la vigueur habituelle d’un homme qui sait qu’il sera à la même place dans deux ans. Le chef du principal parti d’opposition a réclamé « un débat national sérieux »,

ce qui est exactement ce qu’il avait réclamé en 2019, en 2021, et en 2023. On attend toujours le débat. On attend toujours le sérieux.
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Dans les couloirs de l’Assemblée, une source proche de tout le monde et de personne en particulier nous a confié, sous couvert d’anonymat et d’une haleine chargée de Bordeaux, que « le vrai problème, c’est que les gens commencent à comprendre comment ça marche ». C’est effectivement le problème. Pas la dette. Pas l’inflation. Pas la pauvreté qui progresse.

Le vrai problème, c’est vous — qui lisez ceci, qui posez des questions, qui commencez à comprendre comment ça marche.
La commission rendra ses conclusions « dans les meilleurs délais », ce qui en langage parlementaire signifie après les prochaines élections, quelle que soit la date à laquelle vous lisez ces lignes.

Le château de la Sarthe est disponible à la location pour séminaires d’entreprise. Tarif : 17 000 euros la nuit. Les contribuables vous remercient de leur confiance.

Article satirique — Toute ressemblance avec une actualité réelle est une coïncidence que nous regrettons amèrement.

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